Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 13:24

Le vice de l'écriture est d'en perdre la régularité. De se complaire dans la ponctualité, de se satisfaire de textes diffus, sans queue ni tête. D'ailleurs à propos de tête, une chose est sûre, la mienne est malade, bouillonne et souffre, parée à crever. Une vraie tête brûlée, parfois tête de turc, mais bientôt tête de mort.

 

La tentation de la faucheuse, n'est pour beaucoup que la liaison d'un mal être éphémère. Evoquée cet ultimatum discrédit, pour achever cette quête de reconnaissance sociale, pour retrouver cette légitimité de vivre perdue... 

C'est exactement ce que fait Eden. Elle noie sa peine au milieu de quelques lignes pour donner l'illusion d'une jeunesse morbide au bord de la rupture. Ce verset n'est pas le premier du genre. Elle n'a d'ailleurs d'attachement que pour le cynisme, corroboré d'amertume. 

On l'a trop entendu ce cri d'aide, cet ultime S.O.S, si bien qu'il n'a plus le moindre impact. D'abord aux yeux de ses parents, qui semblent avoir rendu les armes depuis plusieurs années. La béance des blessures de leur fille a finalement eu raison de leur patience.  En témoigne la fracture sociale entre les deux générations. Pas ou très peu de conversation viennent animer la maison, et ce depuis 3 ans. Ses amis aussi s'exaspèrent des lamentations de notre pur produit biblique. L'empathie des uns s'est évaporée au même titre que la compassion des autres. Râler jusqu'à épuisement, en défiant la capacité de résistance de chacun. C'est ainsi, qu'à défaut de s'être mit ses amis à dos, elle a pu leur dire Adios. Aujourd'hui elle peut les compter sur les doigt d'une main, au nombre de 3, Elle, Eden, Seule. Un trinôme perturbant qui a pour pseudonyme la schizophrénie. Notre tripolaire en herbe s'investit énormément dans sa nouvelle bande. Au moins se dit elle, eux, sont liés à la vie à la mort. 

Enfin, il reste son copain, Dan. Lui ne connaît que l'enfer à ses cotés. Faute de croire en Hell, il croit en elle. C'est un des derniers mercenaires qui se battraient à ses cotés et pour sa cause. Sa conviction est son guide, son envie la meneuse de troupe. Il a en a déjà vu des vertes et des pas mures, mais pas des pots pourrit de la sorte. Pourtant à la faveur d'une abnégation indéfectible, il garde espoir. 

Parce qu'il n'y a pas de combat perdu d'avance... 

E.Dan H.

Par Dan
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 20:06

C’est dans ce cosmos qu’elle est née, comme toi et moi. Elle fait partie intégrante de notre globe, pareil à nos semblables. Elle aussi a deux yeux en forme d’amande, une bouche singulière, un nez à deux cavités, des jambes et des mains symétriques. Jusqu’à preuve du contraire elle est humaine, morphologiquement parlant du moins.

Cette société à défaut de l’avoir construit, elle n’a cessé de la rêver, et de l’imaginer. De la naïveté de son enfance, à la maturité de sa majorité, en passant par l’instabilité de son adolescence, elle n’a pas su embellir, et corriger l’aigreur de son existence.

Elle ne connaît pas directement Adam et Eve, mais c’est pourtant de leur jardin qu’est originaire cette progéniture.

Elle, c’est Eden, 21 ans, 1 m66 pour 55kgs. Etudiante franco serbe, au style unique et immaculé de fioriture. Rousse en hiver, brune en été. Enfin, l’été, à proprement dit, ça fait longtemps qu’elle ne l’a pas connu. Ses journées ne sont qu’une accumulation de peines et de déceptions. Une vie ternie par un brouillard opaque, et inamovible, face à un soleil en berne, qui fait grise mine.

Passionné de Voltaire, elle est cependant l’antipode de Candide. Les deux voyagent mais à différents degrés, l’un à travers les continents, l’une dans sa tête. Eden n’avait jamais fichu un pied dans un avion avant l’an passé, reclus sur elle-même. Soumise à l’obédience de ses parents, dans une marge de manœuvre relative, déchirée par un mal de vivre permanent, elle n’a d’autre solution que de vadrouiller au milieu de ses songes. 

Cela dit, elle est douée, suffisamment pour comprendre que les pratiques culturelles varient d’un pays à l’autre, que les valeurs s’opposent au gré des frontières. Cela étant, du haut de son jeune age, ce qu’elle sait c’est qu’elle ne sait rien, à part que l’amour égoïste s’empare de sa planète. Fief d’un nouveau courant de pensée, il progresse en parallèle de l’évolution des mœurs.

Ainsi, Eden n’est pas dupe, et elle a logiquement pu constater que les dernières décennies ont marquées le triomphe de l’ego. L’affirmation de soi jadis moyen de vivre, est aujourd’hui une finalité, légitimée au-devant de la liberté d’autrui. Ici, rien avoir avec le jardin d’Eden et sa pomme d’amour, ce sont les divorces qui fleurissent à défaut d’y voir la nature, les germes de tromperies poussent à vitesse grand V, et le libertinage prolifèrent comme des orties. Un potager mal entretenu.

 

Eden ne met jamais un pied dehors par hantise d’affronter les mauvaises herbes. Elle appréhende trop la férocité de cet espace botanique pour s’y risquer. Par élimination, elle opte pour l’isolement par complaisance. A travers sa fenêtre, elle regarde paisiblement les étoiles avant qu’une bande de troublions ne viennent interrompre ses songes. Alors, elle rend grâce à cette vitre qui la maintient à l’abri de cet enfer, en se disant qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

 

En ce soir de février, Eden est donc à nouveau repliée sur elle-même, dans son monde. C’est un monde à part entière, mais pourtant virtuel et manichéen. Son imaginaire est simplement une torpeur inévitable, qu’elle ne parvient pas à résoudre. Incomprise par ses géniteurs, simulatrice selon ses pairs, elle ne cesse de bouillonner dans une culture d’instabilité latente, pour rechuter dans ce qu’elle sait faire de mieux, une introspection de son âme.  Les mauvaises herbes se propagent, tout comme l’égoïsme se transmet à la malheureuse Eden. En fait, elle est une des pionnières de ce mouvement radical. Cela fait presque une décennie qu’elle traîne ce courant de pensée. Or, à la différence de tous, son égoïsme n’est pas un caprice luxueux, mais un besoin vital, un instinct de survie pour notre princesse.

 

Elle ne jure que par ça, à chacun sa thérapie. Mais comme chaque soir d’ailleurs, elle frôle l’overdose avant de regagner les bras de Morphée. Oui, de 7h à minuit, alors que certains mangent cacher, d’autres Allal, Eden elle s’empiffre d’égoïsme. Adepte par défaut, elle s’en contente. Plus grave encore, les effets non voulus et secondaires de ce comportement ; Non seulement, elle s’empoisonne, mais elle détruit et saccage son entourage si peu sont t ils. 

Par Dan
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 22:09

Dans son monde, Robocop est prince et Shakespeare emprisonné. Les montres n’ont plus d’aiguilles, et son passé se dispute avec ses souvenirs. Les femmes sont reines et les hommes pions, au mieux fous. La bas, l’amour si cher à l’espèce humaine est subordonné à la fierté et l’honneur personnel est sauf.

Dans son continent, on aime la vie, mais surtout pas celle des autres. On est riche d’égoïsme, mais relativement pauvre d’altruisme. On chauffe les mecs avant de geler les bites. On fête les plans cul pour mieux endormir les relations.

Dans son pays, on vote Sarkozy, mais on suce Dorcel. On baise Paris, si possible dans le Hilton.

Dans sa ville, la cerise n’est que sur le ghetto, et la crème n’est pas anglaise, mais algérienne. A défaut d’être U, ces cités ne sont que de Q, et les tournantes sont tout sauf de ping-pong.

Dans sa rue, ce sont les pochetrons qui s’approprient l’ambiance nuptiale. Aussi lugubres que les alcoolos de minuit, les putes font offices de vitrine pour le PMU du coin.

Dans sa maison, on fait mine d’arroser les plantes pour embellir les fondations. On gaspille l’eau parce qu’on se fiche radicalement du sort de l’Afrique.

Au fond du couloir se trouve une porte, qui mène certainement dans une pièce secrète.

Dans son cœur, on est pas pédéraste, mais quasiment misogyne. On ne croit au bonheur qu’à la bonne heure, des dames. Zola n’est qu’un défunt, mais on accuse cette verve de déshumanisation de l’amour. Le cœur à terre, les mains en l’air, ne bouge plus !

 

Bienvenue dans le monde de Dan Hoody.

Par Danny
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 00:02

I – Château de Vincennes 

 

" C'est quoi ce bordel avec l'amour.

Comment ça se fait qu'on devient dingue à ce point? "

Les poupées Russes


L’HSBC se démocratise, les avions ne volent plus vraiment, le climat ne cesse de se bouleverser, les adolescentes ne refusent plus les sucettes, les mamelons redessinés deviennent pratique courante, mais l’amour, lui, ne change pas, il fout toujours le camp. Avant sa fugue furtive, il prend le temps de vous baiser jusqu’à la moelle osseuse, de sucer les moindres parcelles de votre cœur, de sodomiser vos neurones pour finalement leur cracher dessus. Pire, il vous encule jusqu'à vous faire chialer, vous nique l’estomac jusqu’à vous ouvrir les veines. Les cœurs de pierre s’envolent en purée d’artichauts, des reins solides, il n’en reste que de la bouillabaisse de mouilles…

De la gaieté au cynisme il n’y a qu’un pas, et l’amour est la passerelle la plus courte qui permet de franchir cette étape. Une fois révolue, la saveur du monde s’évapore. Du mouton, on n’en retire que le gras, des bolides, que la pollution, des sexagénaires dépendantes de collagène, que des rides apparentes. On a beau relativisé, la mode des divorces, la tendance au libertinage vous ramènent en enfer.

L’enfer, ce n’est pas les autres, ce sont les femmes, et j’emmerde Jean Paul Sartre, tout comme j’emmerde la pseudo néo aristocratie du XVI qui vit autour de moeurs à en dégurgiter le bon sens. J'emmerde aussi les prolétaires dont l'ambition n'est qu'un héritage appauvri qui se perpétue de génération en génération. J'emmerde tous ces sédentaires qui n'ont qu'une vision restreinte et limitée de notre planète. J'emmerde également ces putains d'hédonistes transits qui n'ont pas assimilé que voyager ne donne aucun sens concret à leur existence. J'emmerde la raclure du 93 dont le vocabulaire entier n'excède pas 300 mots, avec pour termes fétiches « wesh, gros et autres si si ». J’emmerde toutes ces têtes de pamplemousses qui s’approprient le 13eme et le ternissent avec des histoires à vous foutre la chair de poule. J’emmerde le soûlard du coin qui noie tout ses soucis dans un verre de rhum parce qu’il n’assume pas d’être le plus mauvais père du quartier. J’emmerde les 15% d’obèses de France qui sustentent le succès de nos MC Donald pendant que 800 millions de gosses souffrent de la famine. J’emmerde ces nordistes au français inaudible, consanguins quand ils ne sont pas pédophiles. J’emmerde les politiciens créateurs de rêves illusoires qui aggravent la fracture sociale. J’emmerde nos jeunes diplômés de grandes écoles, à l’intelligence factice, jouissant d’un égo surdimensionné construit autour de jugements aussi sectaires que succincts. J’emmerde ces lolitas de 15 ans décorées de mascara, fond de teint et compagnie qui jouent (bien) les pétasses aux planches parce que c’est le seul club qui accepte les ados bourrées d’acné. J’emmerde tous ces « geeks de l’informatique » qui passent leurs temps à exhiber leur bite parce qu’elle parait toujours plus grosse à la webcam. J’emmerde les dits « émos et gothiques », suppôts de Satan qui permettent à tous ces suicidaires de retrouver une seconde vie endiablée… Et puis si vous ne vous reconnaissez pas dans tous ces stéréotypes, ne vous en faites pas, je vous emmerde aussi.

Oh non, ne m’insultez pas, adressez vous plutôt à l’amour. Il vous ruine au moins deux fois par an si vous n’oubliez pas la saint Valentin, gonfle votre budget essence si votre dulcinée ne vit pas à vos cotés, vous fait manquer votre soirée multiplex au dépens d’un opéra. Tout prend rapidement de l’ampleur, et vous perdez votre contrôle. Cela devient même inquiétant lorsque l’on cesse de consulter son forfait téléphonique, que l’on insère sa Visa Gold sans prêter gare à l’addition, et que l’on préfère la vue du ciel étoilé à un bon postérieur rebondi. A ce moment là, messieurs, vous êtes dans la mouise. Vous êtes embarqués dans ce vol fatal qui prend rarement fin à la bonne escale et ce, peu importe la compagnie empruntée. Mon dernier billet était chez Air France, Première classe, vue sur le balcon, plein tarif. Le haut de gamme, coupe de champagne et caviar, all inclusive. Seulement, la douloureuse a été cinglante et salée, il fallait s’y attendre.

Elle s’appelait Scarlett, et je l’emmerde tout autant que vous, nul n’est exclusif. Voyages de luxe, épopées de merde. C’est cher payé les 4 mois. La prochaine fois je prendrai un low-cost, moins cher, plus rentable. Oscar Wilde dit d’un cynique qu’il est le seul à connaître le prix de tout et la valeur de rien, réflexion faite, c’est bien le seul qui m’emmerde…

Mon dernier voyage au pays de l’amour m’a complètement chamboulé. Ca y’est, je parle comme un romantique, il ne manque plus que l’arrivée de Dorothée et Barbie et bienvenue dans l'univers des Bisousnours. Pourvu que Dorothée n’ait pas atteint la ménopause parce que rentrer ma bite dans du plastique, c’est pas gagné.

Cigarette à la main, je me remets dans le bain, et dresse une liste de choses à faire : se réabonner à Canal plus, remplacement imminent de Femme Actuelle par Entrevue, planifier un barbecue avec les photos de Scarlett, écrire 100 fois je ne tomberai plus amoureux.

2h57 je commence mon bouquin, abattu éviscéré d’où mon inspiration, mais pas mort. Ce qui ne tue pas, rend plus fort disait Nietzsche, oui mais moi j’ai été enculé. Pas de chance, même tarif : je l’emmerde.

Le cynisme est le venin des exclus de l’amour. Ne me remerciez pas moi, remerciez l’amour…

Par danhoody.over-blog.com - Publié dans : Livre premier cahpitre
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